Ce fut le 25 février 2018 et ça s’est passé à la vitesse de l’éclair sur le bord du fleuve Saint-Laurent. Dans l’enceinte d’un petit port englacé, ce jeune faucon gerfaut de forme brune avait capturé un goéland argenté (renommé goéland hudsonien depuis peu).

J’ai pu m’approcher de la scène du crime en raquette sur la glace. Les oiseaux de proies sont moins farouches qu’à l’habitude quand ils ont une proie dans les serres, mais attention : il s’agit d’être sûr de ne pas le détourner de son repas durement gagné!

Pour cela, il convient de prendre tout son temps, approcher en chicane et non pas directement vers lui, prendre des pauses afin que l’oiseau s’habitue au fait que nous ne sommes pas une menace, et éviter absolument la position debout, habituelle des Humains. Il convient de savoir lire dans le comportement de l’oiseau le moindre signe de stress, à ce moment on n’approche et on n’approchera plu : l’oiseau vient de nous donner sa limite!

Idéalement, pour la suite des choses, c’est de rester jusqu’à la fin sans bouger. Si vous devez quitter avant la fin, refaites le chemin inverse, toujours tranquillement, en restant accroupi et sans jamais reprendre la position debout avant d’être loin de la scène.
Évidemment, tout ceci n’est possible que si nous sommes seuls sur la scène!

Le boisé du Mont-Royal était rempli d’oiseaux migrateurs qui faisaient une halte pour reprendre des forces. J’ai pu m’écraser devant une petite marre remplie de couleurs en imaginant que certains d’entre eux allaient venir boire et/ou prendre un bain.

Ce sont les grives à dos olive qui se sont montrées particulièrement intéressées. Quand la première osait venir boire, toutes les autres rappliquaient spontanément. J’ai passé un moment formidable en leur compagnie, même si ça change de l’Arctique canadien !

Au Québec, le long du fleuve Saint-Laurent, bon nombre de harfangs des neiges, cette grande chouette blanche venue du Nord, nous rejoignent.

Leur présence ne fera qu’ajouter de la beauté à notre hiver québécois, et on espère aussi qu’elle aidera ce territoire à blanchir pour les quelques mois à venir.

Je n’observe pas la chouette Lapone tous les ans mais là, en plus de la voir, on a pu la suivre en chasse de perchoir en perchoir à l’affût des petits rongeurs qu’elle a l’habitude de cueillir sous la couche de neige à l’aide de son ouïe extraordinaire. Son disque facial joue le rôle d’une parabole en renvoyant les ondes sonores vers ses oreilles qui sont asymétriques lui procurant la capacité de situer les sons dans l’espace en 3 dimensions de manière très précise. Résultat : elle est capable de planter ses serres dans la neige et attraper un petit campagnol qu’elle n’a même pas vue.

On voit très bien sur cette photo prise à la suite d’une plongée infructueuse les serres de cet oiseau qui lui permettent de capturer ses proies. Cette chouette est réputée capable de cueillir une petit rongeur sous 40 centimètres de neige! Seulement, les deux tempêtes que le Québec a reçu ces derniers jours en ont ajouté plutôt 70… Alors on va peut-être assister à des changements de territoires de chasse prochainement… à voir!

Cette belle oie des neiges ainsi que ses congénères ont passées une dernière nuit les pieds dans l’eau du lac au Québec la semaine dernière.

Lors d’un beau matin ou d’une belle soirée, elles se sont parlées, plusieurs dizaines ou plusieurs centaines d’entre elles ; et elles ont décollées pour le Sud, vers des cieux plus doux que l’hiver québécois. Et pourtant, au printemps prochain, elles se retrouveront dans les glaces de l’Arctique pour faire naître la prochaine génération.

Alors que plusieurs régions du Québec se mettent à blanchir tranquillement, je vous partage le regard de ce renard roux qui porte au loin.

Je l’ai vu apparaître sur le bord de la route, nous avons échangés quelques regards, puis il a continué sa propre route à travers la forêt. Plus loin je l’ai retrouvé, il avait parcouru une distance énorme en très peu de temps. Parfois la Vie nous surprend au détour d’un virage.

Il est des moments de notre vie qu’on oubliera jamais tellement ils sont rares… et précieux!

Ce fut le cas de cette apparition hivernale à travers la forêt de pins gris de la Baie-James. Un gros loup gris était en train de me regarder comme l’étranger qui passait sur son territoire.

Une rencontre aussi paisible que furtive dans le calme de la forêt enneigée.

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